Le Mali franchit une nouvelle étape dans sa volonté de développer ses compétences scientifiques et technologiques. Le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, a procédé lundi 21 septembre à l’inauguration officielle du Centre d’intelligence artificielle et de robotique du Mali (CIAR-Mali), implanté à Kati-Sirakoro Niaré. L’infrastructure, présentée par les autorités comme un outil au service de la souveraineté technologique du pays, intervient à la veille du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Mali.
Un investissement de 3,3 milliards de FCFA
Le projet représente un investissement annoncé de 3,3 milliards de francs CFA, financé sur le budget national. Ce montant correspond au coût annoncé lors du lancement du projet. Le complexe s’étend sur un domaine de 50 hectares, dont environ cinq hectares sont destinés aux constructions.
Le projet avait été annoncé en septembre 2022 comme un pôle d’excellence destiné à regrouper des activités de formation et de recherche dans les domaines des sciences, des mathématiques, des technologies et de l’ingénierie. La première pierre avait été posée le 7 juin 2023. Le centre a ensuite été créé juridiquement par une ordonnance en août 2023. Les premiers étudiants avaient commencé leurs activités pédagogiques en 2025, avant l’installation dans les nouvelles infrastructures.
Former une nouvelle génération de spécialistes
Le CIAR-Mali doit assurer la formation initiale et continue, développer la recherche et favoriser les partenariats scientifiques et technologiques. L’objectif est notamment de permettre au Mali de disposer de ressources humaines capables de concevoir et d’utiliser des technologies liées à l’intelligence artificielle, à la robotique et à la mécatronique.
Le complexe comprend notamment des espaces administratifs et pédagogiques, des dortoirs, une salle de sport, un restaurant, une salle dédiée aux drones ainsi que des salles techniques. Le projet prévoit également des espaces permettant la fabrication et l’assemblage de systèmes intelligents.
Agriculture, santé, sécurité et mines
Lors de l’inauguration, Assimi Goïta a présenté le centre comme un instrument devant permettre de développer des solutions maliennes aux problèmes maliens. Les domaines cités par le chef de l’État comprennent notamment l’agriculture, la santé, la sécurité et les mines. L’ambition affichée est ainsi de faire de l’intelligence artificielle et de la robotique des outils répondant à des besoins concrets de développement.
Le président a également souligné que l’infrastructure avait été réalisée par des entreprises maliennes et que le centre devait s’appuyer sur l’expertise des Maliens vivant au pays comme sur celle de la diaspora.
Un pari sur la jeunesse
Pour les autorités, le CIAR-Mali doit aussi contribuer à retenir et à valoriser les compétences scientifiques du pays. L’enjeu dépasse donc la seule construction d’un nouveau complexe. Il s’agit de créer un environnement permettant aux étudiants, ingénieurs, chercheurs et innovateurs maliens de développer des technologies adaptées aux réalités nationales.
Trois ans après la pose de sa première pierre, le centre devient ainsi l’un des symboles de l’ambition affichée par les autorités maliennes en matière de souveraineté scientifique et technologique.
