Bamako, 24 septembre 2026 – Le ministère des Mines a rendu hommage, jeudi à Bamako, aux femmes et aux hommes qui ont consacré une partie de leur carrière au développement du secteur extractif malien. Organisée au Centre international de conférences de Bamako (CICB), la cérémonie a réuni plus de 200 pionniers, présents ou représentés, ainsi que plusieurs membres du gouvernement et des acteurs du secteur minier.
Placée sous l’égide du ministre des Mines, le Pr Amadou Keïta, cette cérémonie avait pour objectif de saluer la contribution des anciens travailleurs à la construction et à l’évolution de l’industrie extractive au Mali. Le ministère avait officiellement inscrit l’événement à son agenda sous l’intitulé « Cérémonie de célébration des pionniers des secteurs extractifs du Mali ».
Des générations de travailleurs mises à l’honneur
Géologues, ingénieurs, techniciens, administrateurs, chauffeurs, secrétaires ou encore agents de terrain : plusieurs catégories de travailleurs ayant participé au développement du secteur ont été honorées. Dans son allocution, le ministre Amadou Keïta a rappelé que l’histoire minière du Mali s’est construite progressivement depuis l’adoption du premier Code minier en 1963.
Il a notamment évoqué le travail effectué par les premiers géologues, parfois dans des conditions particulièrement difficiles, pour cartographier les zones minières du pays, notamment à Kalana, Kéniéba et Kangaba.
« Rien de tout cela n’aurait été possible sans vous, les pionniers », a souligné le ministre, en rendant hommage à celles et ceux qui ont accepté l’éloignement, la précarité et les difficultés liées aux conditions de travail sur le terrain.
Plus de 200 pionniers présents ou représentés
Au total, plus de 200 pionniers ont été présents ou représentés lors de cette cérémonie. Des attestations leur ont été décernées en reconnaissance de leur contribution au secteur extractif.
Dix pionniers doivent également recevoir des médailles, conformément à la volonté du chef de l’État. Parmi les personnes citées figurent notamment feu Mamadou Keïta, Georges Damango, feu Mamadou Diallo, Samuel Amagouin Tessougué et Mme N’Diaye Fatoumata Niafo.
Au-delà des distinctions, la rencontre a également permis de mettre en avant la nécessité de préserver la mémoire et l’expérience accumulées au fil des décennies dans le secteur minier.
« Que le savoir des aînés ne parte pas à la retraite »
La question de la transmission des compétences a occupé une place importante dans les échanges.
Mamadou Simpara, président de l’Association des retraités du secteur minier, énergétique et hydraulique, a salué l’initiative du ministère. Il a notamment insisté sur la nécessité de continuer à valoriser l’expérience des anciens travailleurs.
Une idée reprise par le ministre des Mines autour d’un message fort : le départ à la retraite ne devrait pas signifier la disparition du savoir-faire acquis pendant des décennies.Cette transmission apparaît d’autant plus importante que le Mali cherche aujourd’hui à renforcer ses compétences nationales dans l’exploitation et la transformation de ses ressources naturelles.
Un secteur au cœur des enjeux économiques
Le choix de rendre hommage aux pionniers intervient dans un contexte où le secteur extractif occupe une place importante dans l’économie malienne.
Selon les données présentées récemment par le ministère des Mines, le secteur extractif a généré près de 1 000 milliards de francs CFA de recettes pour le Trésor public en 2024. Les autorités poursuivent parallèlement des réformes visant à renforcer la participation nationale dans les projets miniers et à accroître les retombées du secteur pour les populations.
Le ministère indique notamment que les réformes engagées depuis 2023 ont permis de renforcer la participation de l’État et des investisseurs privés nationaux dans les projets miniers, tandis que le Fonds minier de développement local a permis, en 2026, de redistribuer 18,4 milliards de francs CFA à 819 communes pour financer des infrastructures dans les domaines de la santé, de l’eau et de l’éducation.
Vers la création d’un musée des secteurs extractifs
Autre annonce faite à l’occasion de cette cérémonie : le ministère des Mines envisage la création de musées consacrés aux secteurs extractifs afin de conserver la mémoire de ceux qui ont contribué à leur développement.L’objectif serait de permettre aux générations futures de mieux connaître l’histoire minière du Mali et le rôle joué par les pionniers dans l’exploration, la recherche et l’exploitation des ressources du pays. Une manière de transformer la mémoire professionnelle en patrimoine national.
Une reconnaissance au-delà du départ à la retraite
À travers cette cérémonie, le ministère des Mines a ainsi voulu inscrire le départ des anciens travailleurs dans une logique de reconnaissance et de transmission.
Alors que le Mali cherche à renforcer la maîtrise de ses ressources minières et à développer davantage de compétences nationales, l’expérience de ces générations apparaît comme un capital humain à préserver.
Pour le ministère des Mines, la retraite marque donc la fin d’une carrière, mais pas nécessairement la fin de la contribution au secteur.